
L’Etat devait se prononcer définitivement sur le dossier de l’A104, avant le 27 juillet 2011, conformément à la réglementation(1).
Préserver Conflans-Sainte-Honorine : une bataille gagnée
Depuis l’ouverture du dossier, Philippe Esnol, sénateur-maire de Conflans-Sainte-Honorine, a toujours défendu avec fermeté sa position : « La préservation du cadre de vie et le bien être des populations doivent être à la source de toute politique d'aménagement du territoire ».
De ce fait, tout en reconnaissant la nécessité d’un bouclage de la Francilienne, il n’a eu de cesse de s’opposer à un passage de l’A104 en zone urbanisée et s’est battu pour l’obtention de réelles garanties de protection de la population conflanaise.
L’autoroute aérienne décidée par Monsieur Perben, ancien ministre des Transports, à la suite d’un débat public contestable, prévoyait de couper littéralement la ville en deux, dévastant habitations et écoles et mettant gravement en danger la santé et la sécurité des riverains.
Le Sénateur-maire a donc toujours défendu un passage de l’A104 en sous-terrain et sous-fluvial par Conflans-Sainte-Honorine, une solution conforme à la nécessité de développer les infrastructures de transports tout en assurant la protection du cadre de vie, du paysage et de la santé des populations, sa priorité.
La patience et la combativité du sénateur-maire de Conflans-Sainte-Honorine ont fini par payer : Monsieur Mariani, actuel ministre chargé des Transports, a confirmé par écrit, dans un courrier du 15 décembre 2011, le passage en sous-terrain et sous-fluvial par Conflans de l’A104…si elle est réalisée ! Et cela ne semble pas vraiment à l’ordre du jour.
Cette lettre a toutefois une réelle valeur juridique impliquant que, comme l’indique Monsieur Esnol, « quoi qu’il arrive, l’A 104 ne pourra pas se faire comme Perben l’avait envisagé en 2006. »
Aménagement du territoire : le combat continue
Soulagé que Conflans soit sauvegardée, le sénateur-maire ne peut cependant se satisfaire ni du manque de volontarisme de l’Etat dans ce dossier, ni des directions qu’il semble aujourd’hui prendre.
D’après la presse de ces derniers mois, l’Etat aurait en effet décidé de suivre les préconisations du Député de la 12ème Circonscription, David Douillet : une réalisation par tronçons et jusqu’à Achères seulement !
Cette décision a minima, qui n’a plus rien à voir avec un bouclage, constitue pour Philippe Esnol le « degré zéro d'une politique responsable de l'aménagement du territoire ». Elle ne prend en considération ni les problèmes que cela engendrera pour les agglomérations de Poissy et Saint-Germain-en-Laye, ni les urbanisations futures de la boucle de Chanteloup et Cergy, ni les projets d’aménagement de la confluence.
Comment des responsables politiques peuvent-ils envisager de condamner ouvertement à la saturation et à l’asphyxie un secteur qu’ils désignent eux-mêmes comme stratégique ?
Le sénateur-maire de Conflans-Sainte-Honorine, consterné par cette vision étriquée de l’aménagement du territoire, réaffirme donc son soutien total aux maires du secteur dont les populations risquent de subir demain encore plus de nuisances qu’elles n’en subissent déjà aujourd’hui (aux heures de pointe, le matin, il faut plus d'une heure pour atteindre Rocquencourt à partir de Saint Germain !)
Le financement en question
Le courrier de Monsieur Mariani évoque donc en substance la question du financement du projet, qui s’élèverait près de 3 milliards d’euros, s’appliquant comme à son habitude à délester l’Etat de ses obligations et de ses responsabilités en prétextant qu’ « un financement sur crédits publics apparaît difficile dans une période marquée durablement par de fortes contraintes budgétaires pour l’Etat (…) ».
A l’instar de Philippe Esnol, on ne peut qu’être atterré par le double discours de responsables politiques qui d’un côté désignent d’une seule voix la Confluence comme un secteur stratégique du Grand Paris qui « répond à de forts enjeux d’aménagement et de développement économique », mais de l’autre refusent d’y consacrer les moyens nécessaires à leur concrétisation.
Cohérence, ambition et prospective
Ce nouveau désengagement de l’Etat pourrait porter un coup d’arrêt catastrophique aux nombreux projets du secteur (valorisation de la vallée de la Seine, mise en place du port et d’une plateforme multimodale à Achères, notamment).
Il est pourtant essentiel de voir au-delà des contraintes présentes et de se projeter dans l’avenir en réalisant que le bouclage de la Francilienne est un maillon essentiel et indispensable dans un ensemble de projets nécessairement interdépendants.
Le sénateur-maire s’insurge donc : « Les décideurs sont aujourd’hui conscients que le développement du secteur passe par le prolongement de la Francilienne, alors, qu’ils se prononcent… ou qu’ils mettent tous leurs projets en stand-by. Sinon, ce sera l’asphyxie sur les routes. Ce n’est pas de la politique mais du bon sens ! »
Comment s’inscrire dans une démarche d’intermodalité(2) performante, enjeu primordial de notre avenir proche, si la route et le rail ne sont pas adaptés ?
En envisageant une sorte d’embryon d’A104 et en déplaçant de quelques kilomètres les points de congestion pour réduire les coûts d’investissement ? En condamnant tout un territoire à une saturation certaine par manque d’infrastructures de transport, mais plus globalement par manque d’ambition, de courage et de sens des responsabilités ?
C’est malheureusement cela qu’illustre le courrier du Ministre Mariani.
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(1)Une décision prise suite à un débat public doit être entérinée dans les 5 années suivantes, sous peine de rendre le dossier caduque.
(2)Intermodalité : concept impliquant l'utilisation de différents modes de transport au cours d'un même déplacement.



