« Avec ce projet,
on cherche à travailler
avec la nature »
Avec 1 290 votes, le projet porté par Christine Mikolajczyk, habitante de Conflans, a remporté la deuxième édition du budget participatif. Son objectif : lutter contre la prolifération du moustique tigre de manière écologique, durable et participative.
Le projet prévoit notamment la mise en place de 150 pièges pondoirs dans les zones les plus exposées (bords de Seine, parcs, cimetières). En parallèle, 500 foyers, « prioritairement dans les zones les plus touchées », se verront proposer des kits citoyens anti-moustiques. Ceux-ci comprendront un mini-piège à œufs (ovitrap), des granulés pour traiter les eaux stagnantes ainsi qu’un guide de bonnes pratiques.
Le projet inclut également la pose de 10 abris pour chauves-souris sur des bâtiments publics, ces animaux étant de grands consommateurs d’insectes. Des actions de sensibilisation seront menées dans les écoles, complétées par des panneaux d’information dans les parcs et une campagne d’affichage locale. Le budget total s’élève à 48 000 € et la mise en oeuvre est prévue sur deux ans avec le soutien des services techniques municipaux.
Comment l’idée de ce projet vous est-elle venue ?
Je vis à Chennevières et comme beaucoup d’habitants je suis confrontée à ce problème au quotidien. Chaque été, nous subissons une vraie gêne : piqûres à répétition et donc soirées écourtées… C’est en discutant avec des voisins et en cherchant des solutions que l’idée d’un projet écologique incluant les habitants s’est imposée. Je n’imagine pas éradiquer les moustiques tigres, ce serait irréaliste, mais j’espère limiter leur prolifération. Je veux agir de manière écologique et durable pour réduire cette nuisance.
Pourquoi avoir privilégié cette approche plutôt que des traitements chimiques répétés ?
Les traitements chimiques peuvent avoir des impacts négatifs sur l’environnement, la santé et la biodiversité. Avec ce projet, on cherche au contraire à travailler avec la nature : utiliser des pièges écologiques, favoriser les prédateurs naturels comme les chauves-souris et impliquer les habitants.
Concernant les pièges – ovitraps –, les femelles moustiques tigres cherchent de petites quantités d’eau pour pondre leurs oeufs. Les ovitraps reproduisent ces conditions : elles y pondent, mais les larves ne peuvent pas se développer. Cela permet de casser le cycle de reproduction. De plus, ces pièges écologiques sont réutilisables pendant plusieurs années.
Quant aux chauves-souris, grandes consommatrices d’insectes, elles sont actives en début de soirée, au moment où les moustiques apparaissent. Les pièges ont déjà montré leur efficacité dans plusieurs villes. Avec 150 pièges installés et 500 foyers impliqués, on peut espérer des résultats visibles dès la première année.
Cette action est-elle pensée sur le long terme ?
Oui, c’est vraiment l’objectif. Les pièges sont réutilisables plusieurs années, et la sensibilisation des habitants est essentielle. Si chacun adopte les bons gestes – ne pas laisser d’eau stagnante par exemple –, l’effet peut être durable. La distribution des kits citoyens sera prioritaire dans les quartiers les plus touchés, par exemple près des bords de Seine ou dans certaines zones résidentielles. L’idée est d’agir là où l’impact sera le plus important. J’aimerais remercier les Conflanais pour leur soutien et les encourager à s’impliquer.